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Ontologie de la Durabilité
On peut parler de sustainable development, un développement dont le rythme n'est pas incompatible avec sa base de sustentation. Le terme est habituellement utilisé par rapport à la base de sustentation écologique, mais il devrait l'être aussi par rapport à la base de sustentation financière, technologique et humaine.
De la même façon, on peut parler, en Italien, de sviluppo sostenibile, ou en Espagnol de desarrollo sustentable, deux notions qui font aussi appel à la notion de base de sustentation. Dans tous les cas, un développement ("croissance" serait plus approprié) n'est que phase ascendante d'un cycle, s'il ne s'appuie pas sur une base de sustentation appropriée (en termes de formation de capital, de progrès technologique et de formation des travailleurs).
On est plus optimiste mais moins précis en Allemand, lorsqu'on parle de Nachhaltige Entwicklung, ou développement qui ne s'arrête pas, parce que sa vitesse est compatible avec sa base de sustentation (comme un avion vole parce que sa vitesse est compatible avec la base de sustentation que ses ailes lui procurent). Cependant, ce n'est pas l'expérience d'un trou d'air qui amènera les passager à conclure que leur avion n'est pas soutenable; ni un choc qui provoque une récession qui nous amènera à conclure que le modèle économique n'est pas soutenable.
On est plus nuancé en Français, où le terme consacré est "Développement Durable". Certes chaque cycle de croissance (donc de progrès dans la voie du développement, pour autant que les politiques gouvernementales soient à peu près appropriées) a une durée, mais à quelle durabilité fait-on allusion ici?
Qu'il s'agisse de Sustainable Development ou ses équivalents Espagnol et Italien, ou encore de Nachhaltige Entwicklung ou de "Développement Durable", il n'est ni une promesse de l'abolition des cycles économiques, ni un susbtitut pour les politiques anticycliques.
Ce n'est pas parce s'entame la phase descendante d'un cycle (pendant laquelle les besoins sont moins bien satisfaits) que l'on conclut automatiquement à un développement "insoutenable" ou non durable.
En d'autres termes, ce n'est pas parce qu'il y a cycle (interne ou externe) qu'il y a crash. Par contre une récession non suivie (même à longue écheance) d'une récupération est probablement indicative d'insoutenabilité du modèle plutôt que de cycle.
Ce qui nous amène à nous poser la question de la durabilité, et de la forme de la ligne qui désigne un développement durable. forme ne répond pas à la question de l'horizon de la durabilité. Souhaitons-nous la définir par rapport à une notion abstraite, la capacité de la nature à régénérer les ressources qu'une meilleure satisfaction de nos demandes requiert, en extrapolant sur ce que seront les demandes des générations futures? Ou pensons-nous à un développement qui "dure" jusqu'à la prochaine courbe descendante du cycle?
Si c'est de la génération qui nous suit que nous parlons, force est de reconnaître que nous ignorons si elle partagera notre goût immodéré pour les études à l'étranger, les vacances exotiques, les guerres civiles et gazoducs bon marché qui laissent filtrer des milliers de tonnes de méthane chaque jour.
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