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Ontologie du Développement
Pour partir d'accord sur la terminologie, nous pourrions accepter que "développement" désigne la satisfaction d'un nombre croissant de besoins, ou une meilleure satisfaction de ces besoins, pour un plus grand nombre de personnes.
Nous pensons à des besoins concrets de personnes concrètes, et non pas à une quelconque moyenne comme le PIB per capita, qu'il soit national, régional ou global.
Est en voie de développement une économie où s'amorcent ces progrès quantitatifs et qualitatifs. Elle n'est pas en voie de développement mais stagnante si les conditions de ces progrès ne sont pas réunies.
De très nombreux biens servant à la satisfaction des besoins de la population sont compabilisés dans le PIB à leur valeur de marché. Pour ce qui les concerne, la croissance réelle du PIB peut être indicative de développement, à condition que d'une année sur l'autre ces biens (ou ceux que leur exportation permet d'importer) soient accessibles à un plus grand nombre de personnes et répondent mieux à leurs besoins.
D'autres biens ou services, comme la sécurité (où l'éducation lorsqu'elle est fournie par l'Etat) sont comptabilisés dans le PIB au taux salarial des officiers de police ou enseignants.
Pas de doute qu'ils viennent satisfaire des besoins, et une sécurité accrue ou une meilleure éducation pour un plus grand nombre de personnes constitue un progrès dans le sens du développement. La difficulté vient de ce qu'elles ne progressent pas mathématiquement lors qu'on y consacre un budget plus important. La progression de la masse salariale peut être suivie d'un meilleur service ou causée par des inefficacités, avec déterioration du service.
Par exemple, c'est dans les pays où sévissent la délinquance, voire la guerre civile, que l'effectif des forces de sécurité est plus important et leur rémunération est plus élevée (budget en hausse au fur et à mesure que la sécurité décroît).
D'autres biens, enfin, ne sont nullement comptabilisés dans le PIB. Il en est ainsi de tous les biens produits par l'économie informelle et vendu dans des circuits informels, et encore davantage, sans doute, des besoins en air pur.